REVUE 7
MECANIQUE DU NOIR. R SERRA

R.SERRA en décrivant un noir aux propriétés mécaniques sert sa paroisse. Mais cette conception technique à l'américaine contourne agréablement toute subjectivisation du noir.

Ce qu'il nous apprend ici : Le noir est une couleur qui implique toujours un espace : sa répartition mais aussi le sens de l'espace environnant.

 

"Le noir est le moyen le plus simple de marquer un champ blanc, peu importe que l'on utilise du fusain ou de la mine de plomb. C'est également le moyen le plus simple de ne pas créer d'association d'idées.

On peut couvrir de noir une surface sans crainte d'interprétations métaphoriques erronées. Une toile recouverte de noir reste une extension du dessin dans la mesure où c'est une extension du marquage. L'utilisation de toute autre couleur serait l'extension de la coloration avec ses inévitables allusions à la nature.

A partir de Gutemberg, le noir est devenu synonyme de procédé d'impression ou de graphisme. La mécanisation du procédé graphique m'intéresse : pas le geste du peintre.

Le noir est une propriété, pas une qualité.

En terme de poids, le noir est plus lourd ; il crée un plus grand volume et occupe un champ plus restreint. Il tient de la contrefaçon. Le noir est la matière-couleur la plus dense qui absorbe et dissipe la lumière au maximum.

Il modifie ainsi la lumière artificielle tout comme la lumière naturelle dans n'importe quelle pièce. Un noir tient son propre espace et se tient toujours en relation à un volume plus large dont il modifie la masse. "
Richard Serra, Notes on Drawing, 1988.

 

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