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"Le noir est le moyen le plus simple
de marquer un champ blanc, peu importe que l'on utilise
du fusain ou de la mine de plomb. C'est également
le moyen le plus simple de ne pas créer d'association
d'idées.
On peut couvrir de noir une surface sans
crainte d'interprétations métaphoriques erronées.
Une toile recouverte de noir reste une extension du dessin
dans la mesure où c'est une extension du marquage.
L'utilisation de toute autre couleur serait l'extension
de la coloration avec ses inévitables allusions à
la nature.
A partir de Gutemberg, le noir est devenu
synonyme de procédé d'impression ou de graphisme.
La mécanisation du procédé graphique
m'intéresse : pas le geste du peintre.
Le noir est une propriété,
pas une qualité.
En terme de poids, le noir est plus lourd
; il crée un plus grand volume et occupe un champ
plus restreint. Il tient de la contrefaçon. Le noir
est la matière-couleur la plus dense qui absorbe
et dissipe la lumière au maximum.
Il modifie ainsi la lumière artificielle
tout comme la lumière naturelle dans n'importe quelle
pièce. Un noir tient son propre espace et se tient
toujours en relation à un volume plus large dont
il modifie la masse. "
Richard Serra, Notes on Drawing, 1988. |