REVUE 7
LE NOIR COMME FORCE. H MATISSE

Dire avec Matisse que " L'emploi du noir comme couleur au même titre que les autres couleurs : jaune, bleu ou rouge, n'est pas chose nouvelle" nous permet de règler ce lieu commun. Car s'il est employé, varié comme n'importe quelle couleur, il n'agit pas, ne réagit pas comme toutes les couleurs. Il prend sa force de cette extériorité naturelle. Mieux, il semble, utilisé seul, qu'il puisse la créer.

 

" La couleur n'est jamais une question de quantité mais de choix [...] Une avalanche de couleurs reste sans force. La couleur n'atteint sa pleine expression que lorsqu'elle est organisée, lorsqu'elle correspond à l'intensité de l'émotion de l'artiste ".
In : " Le noir est une couleur . "

In : Derrière le miroir n°1, décembre 1946 :
" Avant, quand je ne savais pas quelle couleur mettre, je mettais du noir. Le noir c'est une force : je mets mon lest en noir pour simplifier la construction. Maintenant je laisse des noirs (décembre 1945).
[...] Comme toute évolution celle du noir en peinture s'est faite par à-coups.

Mais depuis les Impressionnistes il semble qu'il s'agisse d'un progrès continu, d'une part de plus en plus grande prise à l'orchestration colorée, comparable à celle de la contrebasse dont on est arrivé à faire des soli".

 

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