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Reinhardt rappelle : "Quelqu'un
m'a un jour demandé ce que je pensais de la couleur,
et j'en ai profité pour mentionner le nombre de fois
et de lieux d'art où la couleur était exclue
- la peinture monochrome chinoise, le cubisme analytique,
le Guernica de Picasso, etc.
Il y a dans la couleur quelque chose de mauvais, d'irresponsable,
d'inconsidéré, quelque chose d'impossible
à contrôler. Toute morale exige contrôle
et rationalité"
"Ad Reinhardt avance dans la négation.
Ses peintures noires excluent tout commentaire
: ni titre expressif, ni inscription textuelle, ni figuration,
ni même de signature apparente.Elles s'entourent de
silence, sont comme muettes.
Reinhardt abolit toute fonction narrative, en allant au
bout de la réduction. Il ne permet plus au spectateur
d'utiliser l'oeuvre comme une sorte de récepteur,
que chacun peut investir par sa propre interprétation.
Une peinture noire ne donne rien d'autre
à voir que la peinture.
Il n'y a plus aucune référence
au monde extérieur. C'est un total repli sur soi,
un objet complètement auto réflexif. Elle
"exaspère à ce point la toile en tant
que telle qu'il ne permet plus à aucun discours,
susceptible de récupération, d'avoir prise
sur elle".
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