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Un socle incliné
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| Les
termes de " modelage du socle ", ou " dérive
des continents ", font partie du vocabulaire forgé
à l'usage par François Desbruyères,
l'architecte - urbaniste coordinateur du centre.
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plateau d'Evry - Brétigny, socle rigoureusement
plat, qui devait accueillir le cur de cette ville
nouvelle, faisait le désespoir des urbanistes.
L'horizontalité étouffe beaucoup d'effets,
qui contribuent à l'animation du paysage urbain.
Seule solution : fabriquer des mouvements artificiels
du sol. c'est ainsi que la Chambre de Commerce, la mairie
et la cathédrale sont sur une butte construite.
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La perspective Repentigny illustre bien
les avantages recueillis par cette stratégie ;
si le sol avait été plat, les personnages
du premier plan auraient caché presque tout ce
qui se passe derrière eux, alors que l'on aperçoit
la foule dans le secteur du café de l'Hôtel
de ville et au début du cours Blaise Pascal. Prise
en son sens inverse, par exemple de la terrasse du café
vers la trouée entre mairie et CCI, ce bénéfice
de perception de plusieurs plans à la fois serait
plus net encore, sur la photo. |
| Du trou des
Halles à Evry
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La butte artificielle, sur laquelle
se trouvent la mairie et la cathédrale, a été
édifiée avec la terre enlevée du
trou des halles de Paris ; on y voyait parfois, paraît-il,
des ossements et reliques variées, déposées
par plusieurs millénaires d'histoire, de Lutèce
à nos jours. |
| Une
noria de camions a fait la liaison Evry - Paris pendant
de nombreux mois. Dans la même période, de
multiples engins de terrassement s'affairaient dans une
gigantesque tranchée à ciel ouvert, qui
entaillait le plateau pour faire passer le grand collecteur
des égouts de la ville nouvelle et le train par-dessus.
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| La dérive
des continents
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| La
percée Repentigny - Blaise Pascal est un long axe
Nord-Sud, qui donne unité au cur de ville
; du haut du rond-point près de l'Ecole de musique,
on aperçoit la Poste.
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La " dérive des continents
" consiste à décaler légèrement
vers la droite ou la gauche les grands édifices
ou pâtés de maisons, tout en restant parfaitement
droit au milieu de l'axe. cet artifice dégage de
meilleures vues sur les façades, et singularise
des petits espaces plus intimes en bordure de l'artère,
qui donnent des allures de placettes, dans certaines sections
; c'est donc une manière de diversifier l'espace
public, avantage interdit aux rues à façades
parfaitement rectilignes, comme la rue de Rivoli (qui
a ses mérites par ailleurs).

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| Une colonne
- obstacle
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La colonne qui se projette
en avant de l'immeuble contenant le café de l'Hôtel
de vile souligne le milieu de l'axe rectiligne de cette
trouée Nord - sud. Mais elle cache aussi quelque
peu la perspective. elle empêche de bien voir la
Poste, et une partie du cours Blaise Pascal.
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On retrouve
ici un principe de composition largement utilisé
dans les mails commerciaux à l'américaine,
comme celui d'Evry2. Les obstacles étant partiels,
on voit qu'il se passe des choses, là-bas au loin,
mais on ne comprend pas bien. Cela donne envie d'aller
voir ; on ne voit que quelques lettres du logo de Carrefour
ou des galeries La Fayette, mais le graphisme donne déjà
un indice ; il faut aller vérifier.
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Toutes sortes d'interprétations
symboliques peuvent être données à
ce long fil à plomb, qui ponctue la placette d'une
terrasse de café.
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Cette percée Repentigny
- Blaise Pascal est la première, avec la section
boulevard Mitterand qui traverse la place des droits de
l'Homme, à présenter un aspect fini dans
le cur de ville, et à se rapprocher de l'urbanité
(toujours perfectible). Sans la crise économique,
un autre axe Nord- Sud serait probablement en place :
celui qui part des façades sud du centre commercial,
et passe entre l'Institut des Sciences et la Bibliothèque
universitaire. La fin de l'opération d'intérêt
national qu'était la Ville Nouvelle réduit,
pour le moment, la capacité des pouvoirs locaux
à mettre en uvre un art de la projection
et de la composition urbaine aussi recherché que
pour la percée B. Pascal - Repentigny. On peut
espérer que cette phase de transition ne soit pas
trop longue, car les réalisations au coup par coup,
sans conceptions d'ensemble, donnent généralement
des résultats qui surprennent et déçoivent
tout le monde, par leur caractère disparate.
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| FIN |
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