REVUE 2
RESSEMBLANCE ET VRAISEMBLANCE
 

Franck SENAUD

SENAUD "Isabelle"

 

 

Le maximum de particularité viendra déjà de la capacité d'éloigner toutes les fautes générales, traditionnelles. Nous reconnaissons au travers des ces erreurs, l'incohérence stylistique, la faute de la proposition et le caractère commun de ces lieux communs. SENAUD "Lucie"

 

SENAUD "Lucie"

 

 

 

 

 

 

 

 

" Un bon portrait n'est pas seulement celui qui ressemble au modèle, mais celui qui ne ressemble plus à rien d'autre " Jean Prevost " Les caractères ".

Il y a une fausse ressemblance,

celle qui fait reconnaître dans la fixité des éléments, l'unicité du propos le parallèle à un modèle photographique, typologique, proche d'une convention (et pas si loin de l'équilibre classique ! (le mauvais goût du néo-classique chez Picabia récemment redécouvert avec intérêt à la FIAC)).

"Imitation" (mimésis),

par quoi il faut entendre non un simple décalque de la réalité, mais une sorte de re-création de cet "acte" (énergeia) qui constitue la vie.SENAUD "Severine" En particulier, la tragédie "imite non pas les hommes, mais une action et la vie, le bonheur et l'infortune; or le bonheur et l'infortune sont dans l'action, et la fin de la vie est une certaine manière d'agir, non une manière d'être" (6, 1450 a 15). D'où l'importance de l'action dans la tragédie: les caractères viennent aux personnages "par surcroît et en raison de leurs actions", non l'inverse. " Il ne peut y avoir de tragédie sans action tandis qu'il peut y en avoir sans caractères.. c'est aussi le cas chez les peintres ".

"Il y aura un caractère si les paroles ou les actes révèlent une détermination "35. Ainsi dans la portrait.

Comment ? Le portrait à l'air ressemblant aurait la vérité que les non-témoins reconnaîtraient : le portrait de Castiglione par Raphaël repose sur un effet de réel (mains coupées, coloration des yeux, instantanéité de la pose se tournant vers nous, plis et lumière) c'est à dire tous les ordres concomitants, informels, simultanés dans lequel le réel nous apparaît.

Comme il ne s'agit pas - c'est impossible - de fixer une identité mouvante (Proust, Van Gogh ont montré que les portraits se niaient ou se complétaient) soumise au temps (de pose, d'époques comparées à l'unicité de la proposition: 1 image, 2 dimensions), le problème sera donc, avant tout que ces angles de vue donnent un mouvement propre à toute vraisemblance et déclenche ainsi une reconnaissance. Et c'est cet effet que l'on appelle ressemblance.

SENAUD "Sylvie"Un portrait peut non seulement flatter mais il le doit, il doit mettre en avant les caractéristiques du modèle. Quelles qu'elles soient.

" Il faut imiter les bons portraitistes car pour rendre la forme propre du modèle, ils peignent en plus beau, tout en faisant des portraits ressemblants " 37 dit Aristote, il n'y a pas copie d'un modèle mais la capacité de présenter côte à côte, telles quelles, et en même temps, les propositions indépendantes sans interférence de fréquence.

 

Franck SENAUDSENAUD "Sylvie"

 

" Un portrait manque souvent de ressemblance parce que le modèle a été d'abord mal posé, parcequ'il a été placé dans de mauvaises dispositions d'ombre et de lumière qui le ferait méconnaître lui-même si on le voyait dans l'endroit où il a été peint " Ingres cité par Delaborde.

 

SENAUD "Portrait à la légion"

Portrait trop ressemblant. J'ai été confronté à ce genre d'anecdote : un portrait figeant le modèle dans sa psychologie comme un papillon épinglé, dérangeant la tranquille représentation de soi.

Je rappelle que toutes les illustrations et textes cités sur ce site restent la propriété de leurs ayants droit légitimes. Ils seront retirés à leur demande. Toute utilisation à but commercial de matériel se trouvant sur ce site sans autorisation de leurs ayants-droit est bien entendue proscrite.

REVUE 2