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Franck SENAUD

Le maximum de particularité
viendra déjà de la capacité d'éloigner toutes les fautes générales,
traditionnelles. Nous reconnaissons au travers des ces erreurs,
l'incohérence stylistique, la faute de la proposition et le caractère
commun de ces lieux communs. 

" Un bon portrait n'est
pas seulement celui qui ressemble au modèle, mais celui qui ne
ressemble plus à rien d'autre " Jean Prevost " Les caractères
".
Il y a une fausse
ressemblance,
celle qui fait reconnaître
dans la fixité des éléments, l'unicité du propos le parallèle
à un modèle photographique, typologique, proche d'une convention
(et pas si loin de l'équilibre classique ! (le mauvais goût du
néo-classique chez Picabia récemment redécouvert avec intérêt
à la FIAC)).
"Imitation" (mimésis),
par quoi il faut entendre
non un simple décalque de la réalité, mais une sorte de re-création
de cet "acte" (énergeia) qui constitue la vie.
En particulier, la tragédie "imite non pas les hommes, mais une
action et la vie, le bonheur et l'infortune; or le bonheur et
l'infortune sont dans l'action, et la fin de la vie est une certaine
manière d'agir, non une manière d'être" (6, 1450 a 15). D'où l'importance
de l'action dans la tragédie: les caractères viennent aux personnages
"par surcroît et en raison de leurs actions", non l'inverse.
" Il ne peut y avoir de tragédie sans action tandis qu'il peut
y en avoir sans caractères.. c'est aussi le cas chez les peintres
".
"Il y aura un caractère
si les paroles ou les actes révèlent une détermination "35. Ainsi
dans la portrait.
Comment ? Le portrait à l'air
ressemblant aurait la vérité que les non-témoins reconnaîtraient
: le portrait de Castiglione par Raphaël repose sur un effet de
réel (mains coupées, coloration des yeux, instantanéité de la
pose se tournant vers nous, plis et lumière) c'est à dire tous
les ordres concomitants, informels, simultanés dans lequel le
réel nous apparaît.
Comme il ne s'agit pas -
c'est impossible - de fixer une identité mouvante (Proust, Van
Gogh ont montré que les portraits se niaient ou se complétaient)
soumise au temps (de pose, d'époques comparées à l'unicité de
la proposition: 1 image, 2 dimensions), le problème sera donc,
avant tout que ces angles de vue donnent un mouvement propre à
toute vraisemblance et déclenche ainsi une reconnaissance. Et
c'est cet effet que l'on appelle ressemblance.
Un
portrait peut non seulement flatter mais il le doit, il doit mettre
en avant les caractéristiques du modèle. Quelles qu'elles soient.
" Il faut imiter les bons
portraitistes car pour rendre la forme propre du modèle, ils peignent
en plus beau, tout en faisant des portraits ressemblants " 37
dit Aristote, il n'y a pas copie d'un modèle mais la capacité
de présenter côte à côte, telles quelles, et en même temps, les
propositions indépendantes sans interférence de fréquence.
Franck
SENAUD
" Un portrait manque souvent
de ressemblance parce que le modèle a été d'abord mal posé, parcequ'il
a été placé dans de mauvaises dispositions d'ombre et de lumière
qui le ferait méconnaître lui-même si on le voyait dans l'endroit
où il a été peint " Ingres cité par Delaborde.
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