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L'illusion
d'optique consiste à placer une personne devant une configuration
connue mais dans un contexte tel, que toute interprétation de
la situation connue n'aboutit pas à une conclusion satisfaisante
pour elle.
Lignes parallèles qui semblent
converger, escaliers fermés semblant monter en permanence etc…
Si selon l'expression consacrée
nos yeux semblent abusés c'est bien plus notre cerveau qui l'est.
En effet l'œil a bien peu
de rôle dans ce mécanisme et l'illusion compte bien plus sur le
cerveau que sur une quelconque déformation proprement optique.
Mais elle n'est qu'un cas particulier du regard. Regarder c'est
percevoir et interpréter.
Nous ne percevons jamais
les choses nous les interprétons, nous les regardons avec notre
cerveau. 
"L'esprit (le
cerveau en action, qui traite les données et fournit le savoir,
ou information déjà stockée, permettant l'interprétation) utilise
d'autres indices, il se souvient, d'objets semblables et met en
jeu ce savoir.
Par exemple, il " voit "
un visage à l'envers (l'œil enregistre la couleur, la forme et
la texture de l'image, et les transmet à l'esprit qui interprète
: " c'est un visage à l'envers "); si c'était la première fois,
l'esprit serait berné et ne pourrait offrir qu'une interprétation
: " c'est un visage ".
Mais l'esprit connaît le
jeu (qui reconnaît la convention) et ce savoir lui permet d'anticiper
le contraire inversé. Dans la plupart des cas, les illusions
d'optique trompent doublement notre esprit.
L'esprit
fournit des données réelles, une configuration des éléments (lignes
et formes d'égale longueur, par exemple une spirale noire parfaitement
immobile, vingt sept losanges, neuf de chaque couleur, bleu, noir
et blanc) ; le cerveau les interprète (comme des colonnes d'une
galerie, comme des figures à deux ou à trois dimensions, comme
la roue d'une voiture). 
C'est le premier degré de
l'illusion, qui permet à l'esprit de reconnaître l'image comme
rattachée à la réalité des choses connues dans le monde.
Mais l'esprit va plus loin,
lorsqu'il puise dans sa mémoire, dans le souvenir d'objets semblables
(dans d'autres images ou dans la réalité) et se lance dans de
fausses hypothèses à partir des indices contenus dans l'image
(la perspective de la galerie, la colonne du premier plan, la
lumière sur les neuf cubes, la diagonale, dans un schéma ou une
image, qui semble signifier la distance et l'éloignement etc.)

Quand la mesure ajoute une
information objective, ou quand le cerveau dit à l'œil ce dont
il s'agit réellement, l'esprit est ravi de reconnaître son erreur.
C'est un phénomène que l'on ne peut expliquer ".
C'est au contraire là que
commence l'intérêt.
Comparons les passages sur
la surprise dans la Poétique d'Aristote, elle est soit liée à
un coup de théâtre (56a,20) ou à un épisode aux limites de la
vraisemblance (60a,12, 13 et 17), soit elle suppose une intervention
des dieux, pourquoi ? parcequ'elle exclut toute autre explication
(52a, 4 et 6) !
Et parce que " le
public ne peut pas en rester à l'étonnement parcequ'il est mû
par une exigence d'ordre et qu'il reconstitue toujours un enchaînement
cohérent des faits (en postulant au besoin une action divine).
Le
plaisir de la surprise ne doit pas transgresser l'ordre de la
vraisemblance ; si l'épopée, contrairement à la tragédie, pousse
la surprise jusqu'à l'irrationnel, jusqu'à l'absurde même, c'est
que l'auditeur autour de sa surprise, reconstitue le tissu du
vraisemblable.
A la limite " il est vraisemblable
qu'il se produise de l'invraisemblable " (61b, 15), la surprise
fait partie de la nature, donc de la raison.
Le vraisemblable s'institue
en explorant ses propres limites ".
Moyens inclus dans la représentation,
attirant le sujet, validés par lui.
La surprise (thaumaston)
est nécessairement gratifiante parce qu'elle annonce un supplément
de sens.
"La reconnaissance est un
passage de l'ignorance à la connaissance "(28).
Plaisir de la reconnaissance.
Action du semblable sur le
semblable.
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