ESQUISSE
D'UN PREMIER REPERTOIRE DE FORMES
Franck SENAUD, peintre
Le dessin n'est
pas une langue constituée puisque c'est l'artiste lui même qui
crée sa précision, sa nécessité, ses articulations, sa logique.
Le réel n'est rien.
Car si un répertoire peut
se constituer c'est plutôt à partir de ce que peut produire
le dessinateur, le peintre et plus précisément, plus techniquement
ce qu'il a pu retrouver régulièrement dans le réel. Dans son
réel. Sans paradoxe.
Car qu'est-ce que le
réel pour un peintre sinon un ensemble taches colorées,
une immense palette mouvante qu'il cherche à fixer. Mission
simple. Dérégler ses sens à hauteur de ses moyens de représentations.
Tel le musicien qui pense par notes, rythmes, accords. Ce répertoire
ne parle pas de la réalité. Il décrit un monde de peintre, une
modalité.
Une ébauche qui évolue
avec ses auteurs. Il ne se veut rien d'autre qu'un jalon des
thèses de la peinture probabiliste de Lejeune. Des notes prises
sur nature qui veulent s'y retrouver. Peut-être est-ce là le
véritable apport de l'Ecole d'Etampes : une représentation en
amont de la figuration, qui puise dans un répertoire de formes
vues, un motif, une décoration sur lequel il s'appuie. Comme
on dit d'une voile qu'elle s'appuie au vent. La peinture probabiliste
de Lejeune qui sait que figurer se construit en amont de la
ressemblance et que c'est le rapport de ces éléments qui rend
vraisemblable, a initié nos recherches.
Il s'agit d'une
tentative d'inventaire des moyens du dessinateur, son lexique,
variété, adéquation par lesquels la vraisemblance
se constituerait.
Ce genre de code est voué
à l'échec s'il est pensé comme clef de réel,
assurance de vraisemblance mais il est un excellent début de
réflexion sur le probabilisme qu'utiliserait la figuration.
L'amateur pourra s'amuser
à retrouver ces formes dans d'autres objets que ceux cités,
quoiqu'une pratique soit nécessaire.
Le dessinateur invente
des lieux communs graphiques qui proviennent d'abord des variations
de l'outil (plein-délié, ligne qui devient sans
lever le crayon, contour extérieur et bord interne),
il finit par les chercher dans le réel et par retournement
du moyen à l'objet le procédé devient ce
qui rend réel l'aperçu. Le procédé
habile ! Le peintre ! Le réel ! tout le monde finit content
! Et le spectateur se dit "qu'est-ce que c'est vrai "!!
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1. " LA CORDE TORDUE "
Une ligne ronde et fluide où la ligne
du dessus dessine celle du dessous ( passage du muscle
grand oblique des côtes à l'intérieur
de l'aîne ou ..colonne torse baroque). |
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2. " LE SERPENTIN
OU ANNEAU DE CLE "
Le croisement par la ligne inférieure
de sa parallèle supérieure suggère
un volume qui disparait, un vide se détache entre les
éléments avec simplement deux ligne rondes qui se brisent
(sourcil). |
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3. " LE RUBAN "
La succession du bord interne au bord
externe par le même trait se retrouve très fréquemment,
plus expressif que les précédents car permet des changements
de caps dans un autre plan (lèvres). |
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4. " LA TRESSE "
Une tresse suppose des chevauchements,
donc des volumes se chevauchant : une ligne interrompue
par des traits obliques suffira. Stylisé par les Grecs
pour dessiner le grand dentelé sur les athlètes. |
| 5. " LE LIVRE OUVERT " Une façon de
comprendre la forme plus que de la saisir (bassin). |
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6. " LE DAMIER "
Le damier reprend le modèle interne -
externe de la tresse mais le met davantage en perspective,
à ceci près que la ligne s'interrompt pour suggèrer les
valeurs (alternance clair - obscur: cheveux). |
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7. " LE BARILLET "
Les détours (en noir) qui se font face
permettent d'économiser le trait intermédiaire(dents).
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8. " LE RAISIN "
Le chevauchement systématique induit
des volumes (orteils se chevauchant, rochers). |
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9. " LE BAMBOU "
Lignes discontinues et systématiques
qui se correspondent : la compréhension du rythme
de réponse permet la simplification ( colonne vertébrale).
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10 " LE COMBINE "
La lignes convexe est interrompue par
une ligne concave commencée plus haut, supposant
l'attachement de deux volumes dans des plans différents
(narines). |