| PROCEDES
ET PROCÉDURES
C'est parce qu'il a à voir avec le jugement
que le portrait nous intéresse et insidieusement nous fascine.
Parti pris de couleur, de graphisme, de touche, de fini, de
non-fini, d'empâtement, de cadrage.Chaque choix participe
de la composition générale. Bien plus, cette représentation
met en avant des éléments, des particularités physiques, des
attitudes, des défauts du modèle, les amplifie. Grotesques,
lisses ou faussement nobles, figés dans une posture ou indifférents,
il n'y a rien d'une présentation dans un portrait, il y a
cette représentation, cette faussement naïve présentation
d'éléments qui permet au spectateur de la rendre vraisemblable,
de se la figurer. Et de participer à ce jugement... comme
témoin à charge.
Bari
Si, comme l'indique Kant "penser c'est juger",
c'est à dire choisir, trier, c'est bien dans cet ensemble
de partis - de tous ces portraits que le peintre ne peint
pas et qui ne laisseront qu'une seule image sur la toile -
que le portrait juge. Il est alors fort éclairant de retourner
la formule face à un portrait : si penser c'est juger, le
jugement qu'il porte serait-il en retour, de l'ordre d'une
pensée colorée ?
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Senaud Allais
Allais
C'est à dire serait-il autre chose
qu'un simple agrément vraisemblable ? Choisirait-il dans le
décor du monde à se faire passer pour le monde lui même ?
Bari
Dans ce tri, il y a cette manipulation dirigée
vers ce qui est figurable et qui indique à nouveau que figurer
n'innocente personne. Et détient un rapport systématique à
l'idée, à l'idéal jusqu'à l'idéologie. Que le peintre pressent.
Sans aucune innocence. A vous de juger.
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