Parole de réalisateur !

2008 © TFM Distribution

J'ai eu une chance formidable : j’ai fait le métier dont je rêvais quand j’avais 13 ans, sans faire de compromis, avec passion, amour, en me marrant. Je n'en espérais pas autant. Et cela en côtoyant des gens exceptionnels. Je me suis souvenu du plaisir à découvrir de nouveaux comédiens. Regardez Que la fête commence, le nombre d’acteurs qu’on y (re)découvre : Nicole Garcia, Brigitte Roüan, Christine Pascal, Michel Blanc, Thierry Lhermitte, Gérard Jugnot… 

Oui, d’une certaine manière j’ai changé les carrières de Rochefort, Noiret ou Marielle. Et révélé Louis Ducreux, Dexter Gordon, Harry Dean Stanton, Samuel Le Bihan. Donné une nouvelle chance à Harvey Keitel que plus personne n’utilisait à l’époque. Au bout du compte, revoir mes films m’a surtout rappelé une chose dont on ne parle jamais assez : le plaisir. Le plaisir que j’ai pris à les écrire, les tourner, élaborer la mise en scène, les mouvements d’appareil, à avoir ce contact avec les comédiens, à faire évoluer vingt personnages dans le plan, qui se coupent la parole ou surgissent de partout. Trouver des extérieurs excitants. J’ai fait des films de gourmand, et c’est pour cette raison que l’étiquette de cinéaste engagé m’énerve parfois… Je le maintiendrai contre tous les Kaganski du monde : j’aimerais que l’on m’accorde au moins ce mérite, ce plaisir dans le filmage, ce rapport à la nature, aux paysages, au décor, à la topographie, à la lumière d'une aube. J'ai imposé des décors qui sont devenus de vrais enjeux, de vrais personnages dramatiques et cinématographiques. Bertand Tavernier (2005)


Retrouvez Bertrand Tavernier le 25 septembre 2010 à Brétigny

 

Les films d’horreur me manquaient vraiment. Parce que lorsque j’en fais, j’ai une connexion très forte avec le public, c’est presque comme jouer à une partie de cache-cache avec le spectateur : je sais où il est mais je lui fais croire que je ne le sais pas pour mieux le surprendre. Il sait qu’il va sursauter de peur, et des fois, je provoque cette réaction, des fois je ne la provoque pas alors qu’il l’attendait. Cette manière de faire fonctionner le suspense me plaît vraiment énormément, j’adore jouer avec le public. En même temps, le film d’horreur implique, à mon sens, une manière de diriger les acteurs par rapport à l’histoire que l’on ne retrouve pas avec les autres films. Il faut essayer de rester fidèle aux personnages et à ce que l’on découvre à l’écran à travers leurs yeux, et vu que ces découvertes changent chaque jour sur le plateau, il faut rester dans le ton, ne pas perdre l’idée qu’on se fait du personnage et de la façon dont il voit les choses. J’adore cette alchimie complexe, lorsqu’il faut aider l’acteur à construire le suspense et à raconter l’histoire à travers les yeux de son personnage, c’est une question d’équilibre à trouver. C’est une partie de mon travail que je trouve difficile mais très amusante en même temps. Cela dit, je voulais revenir au film d’horreur, mais ce n’était pas non plus une espèce de démarche régressive ou nostalgique : c’était un peu comme un challenge, j’étais vraiment curieux de reprendre ce que j’ai appris ces dix dernières années sur la façon de raconter une histoire et de le combiner avec un simple film d’horreur. Sam Raimi (2008)

 

Retrouvez son film Spider-Man qui décrit magnifiquement New-York le 10 juin 2008 à Brétigny

Dès le premier instant de ma carrière cinématographique, j'ai toujours tenu le cinéma pour l'art de notre temps et dans ce sens il est logique que le cinéma doit refléter son temps. (...) Lorsqu'en 1922, j'ai tourné le premier Mabuse, je l'ai appelé “Un tableau de notre temps…” et je crois que chacun de mes films est, d'une certaine manière, un tableau de son temps.

Fritz Lang (1958)

 

 

 

 

Retrouvez M. Le Maudit, un des plus grands succès du réalisateur, le 22 mars 2009 à Etampes

2006 © Rezo Films

Je ne pourrais pas tourner un film pour lequel on m'imposerait des acteurs. Je ne pense pas que pour moi, la direction d'acteurs existe sur le tournage. Si jamais elle existe, c'est dans les conversations que je peux avoir avec les acteurs avant les films. D'une certaine façon, il faut que le metteur en scène apprivoise les acteurs, mais ce qui est peut-être plus important, c'est que les acteurs comprennent le metteur en scène. Et c'est surement ce qui est difficile pour eux. Par exemple, je pense qu'ils sont un peu étonnés de la simplicité de ce que je leur demande. Je l'ai constaté en particulier dans mes rapports avec les acteurs allemands, quand j'ai fait La Marquise d'O... Ce sont des gens qui aiment bien être conscients de ce qu'ils font, réflechir sur ce qu'ils font. Et ils étaient étonnés que je ne leur demande pas grand-chose. Effectivement, en général, je ne demande rien aux acteurs. Pour ce film, je leur ai d'abord demandé de lire le texte assis à cette même table. Puis, sur le lieu du tournage, je leur ai demandé : "Dites votre texte, en ne restant pas plantés comme des piquets, mais en bougeant." Ils l'ont très bien fait, et en général je n'ai pas eu besoin de leur indiquer des choses. C'était très simple. Ils avaient même le sens du cadre. Sur ce film, il y a a eu une parfaite harmonie entre ce que j'aimais et ce que faisaient les acteurs, ce qui n'a pas toujours été le cas. Et la plupart étaient des débutants. Eric Rohmer (2007)

 

Retrouver Serge Renko, un des acteurs fétiches du réalisateur le 18 septembre 2007 à Ris-Orangis