"Le fleuve dans la ville - Habiter sur l'eau"

 

Le fleuve a toujours eu une immense influence sur l’implantation des hommes dans le territoire. Cette influence a perpétuellement oscillé entre la répulsion et l’attraction :

  • Attraction : pour le caractère vital de l’eau et de la pêche, pour sa capacité à développer les échanges avec toutes sortes d’embarcations flottantes, pour l’utilisation de son mouvement perpétuel permettant le développement industriel et agricole, et assurant, ainsi, l’accroissement des richesses des sociétés s’installant sur ses rives,
  • Répulsion : lorsque les crues inattendues dévastent les abris et les récoltes,
  • Attraction : par la fertilité des limons qui se déposent sur les terres agricoles. Leur régularité est observée, comprise et exploitée,
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  • Répulsion : lorsque la crainte de l’envahisseur repousse les tribus, les villages, puis les cités qui subissent des invasions sauvages. Ces grands axes naturels que sont les fleuves sont propices aux rapines par les peuples maritimes qui trouvent, par exemple, des défenses trop puissantes dans les forteresses des bords de mer, quand ce n’est pas parce qu’ils n’y trouvent plus rien à piller. C’est l’occasion pour eux de rentrer dans l’intérieur des terres pour y trouver de nouvelles richesses, dans des endroits moins protégés et avec les moyens de transport qu’ils maîtrisent parfaitement,
  • Attraction à nouveau : lorsque les périodes des invasions s’arrêtent, les populations comprenant l’intérêt de revenir s’y installer pour reprendre leur développement ;

Mais le fleuve est aussi une limite qu’il faut franchir, puis domestiquer, et sur laquelle certains hommes se sont installés pour se protéger des prédateurs.

 

Exploitation du fleuve dévastateur :

Le Nil et ses limons fertiles ;

 

Repli stratégique de toute une population sur les eaux :

Venise commerçante et sérénissime se construit sur une forêt sous-marine de pilotis ;

 

Déplacement d’une société pacifiée qui reconquiert le fleuve :

Florence supplante la ville de Fievole, lieu des premières sociétés ligures éloignées de l’Arno, et installée dans les montagnes proches ;

 

Conquête de nouveaux territoires artificiels sur la mer :

Les Pays-Bas et leurs digues insensées.

 

L’eau, sources de vies :

Le franchissement, les ponts, les passerelles, les ponts habités ;
L’habitat, les cités lacustres, les villes conquérant les fleuves et les mers ;
La domestication, les ouvrages techniques, les écluses, les moulins exploitant la force des cours d’eau ;
Le respect de la faune et de la flore devient peu à peu une question vitale pour la survie même de l’espèce humaine. Ce respect de l’environnement et de la qualité des eaux rejoint les obsessions des sociétés les plus anciennes : paradoxe ou évidence ?