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VU
On n’a pas ri (pas vraiment, le corps
c’est sérieux (et c’est dommage d’ailleurs))
mais on a vu de nouvelles images. Le super 8 d'ISABELLE BLANCHE,
par son choix de proximité physique, son mouvement,
sa sensibilité au mouvement du corps filmant, son parti
pris de filmer/monter la performance vocale et corporelle
d’HELENE SINGER A
coup(chement (2003, 3’35) nous a attiré.
Le rapport du filmant au filmé, l'idée de découvrir
à la projection ce qui a été tourné,
sans montage, apporte à la performance du corps/voix
une densité que seule la vidéo autorise.
Puis En corps à corps (2003)
d’INDIRA CRUZ montrait
une «installation vidéo interactive comportementale»
où le spectateur, par le déplacement de son
corps devant l’écran, pouvait faire apparaître
ce que ces mouvements de voiles dans l’eau cachaient
: des corps de femmes nues se caressant. Le contraste de ce
que la technique permettait – vous faites jouer le film
et il se joue de vous- pour une image et un mystère
à la David Hamilton est étonnant. Recherche
de forme avant tout, petits arguments, la tentation d’un
jouet qui ne peut encore devenir un jeu. Mais ces recherches
parlent de ce que la vidéo permet et c’est ce
qu’il fallait voir.

Enfin, SARAH ROSHEM montrait
deux courts métrages dont un Macro-portrait de
Sammy (2003, 6’02). La miniaturisation invente
une série de portraits anatomiques, où Sammy,
portraituré empoigne une micro caméra et la
frottant au plus près de son épiderme, orifices,
nous montre en temps réel tout le goût du sujet
de devenir objet. C’est assez dégueulasse et
c’est d’une couleur et d’un jeu fascinant.
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Longueur du temps,
zoom presque chirurgicaux (dents, narines, yeux..),
bruits et matières (salives, irrégularités
de la peau, appuyés en échos de déglutitions,
d’ingurgitations..) tout est fait pour appuyer
cette survérité. ? Pourtant, la séduction
vient plutôt du plus total artifice utilisé
dans ce court métrage : roses sursaturées
et ivoires maladifs, détails hors d’échelles
jusqu’au visage du modèle albinos dont
l’étrangeté dermique ajoute au malaise
ou à la séduction. |
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Il semble s’inventer une
forme neuve entre radio chirurgicale et mauvais goût
coloré façon pop art, il ne manque à
cela qu’un peu d’idée pour devenir
une esthétique. « Portraits physiologiques
» dit-elle, pourtant on n'apprend pas grand-chose
sur le modèle ni sur son auteur, le portrait
se résume-t-il à avoir un individu en
face de soi ? Le temps de l’enregistrement ne
crée pas une trace pour autant. Mais d’autres
narrations sont possibles avec ces moyens. |
Sous le nom de SR labo, on retrouve sur
le site de SARAH ROSHEM d’autres
créations hybrides comme « Articulations amicales
» dont CREMONINI ne renierait pas le jeu. Mais la froideur
objective de la physiologie donne une homogénéité
à ces créations qui oublient toute réflexion
sur la physiologie. L’énorme potentialité
des moyens vidéos est encore touffue.
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