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EXERCICES D'ADMIRATIONS.

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Le Cube. ISSY LES MOULINEAUX

 

ICI
Il n’a pas fallu très longtemps pour voir ressurgir les recherches visuelles aperçues au festival du film différent. Au palmarès du 27e Festival International de Films de Femmes de Créteil (et du Val-De-Marne/ 11 au 20 mars 2005), la Mention spéciale du Grand Jury va à FROZEN de Juliet MC KOEN (Royaume-Uni) dont les recherches visuelles servaient directement la narration et le suspens.


Les déformations subjectives de caméras de surveillance révélant la dernière image d’une disparue, des plans abstraits montrant des plaques de glace sous l’eau, rendant la noyade très Rothko, très abstraction lyrique, des ralentis alourdissant la marche des personnages, la recherche visuelle déjà avalée par une histoire. Preuve que ces éléments comptent de plus en plus aujourd’hui. Et qu’ils peuvent dire autre chose que leur reflet. Du travail de prospective pour nous donc.

 

LA
Nous voici donc de sortie, à la pêche aux images.

Direction Issy les Moulineaux, LE CUBE. ESPACE DE CREATION NUMERIQUE où l’équilibre entre moyens d’étudiants et distance affichée aux moyens te font siroter ton café machine dans un parfait décor design subventionné. C’est gratuit, c’est prétentieusement sans prétention, étudiants et profs mêlés, ça remue, c’est l’essentiel. La banlieue est traversée de ces space moutain intellectuels et elle est en train de créer quelque chose.


Le programme pouvait, il est vrai, faire craindre une démo et du mou dans la praxis !?

«SOIRÉE RESEARCH 1: Différents acteurs de la recherche en Art dans les Universités et Écoles supérieures sont invités à présenter leurs travaux vidéo et multimédia pour engager une réflexion sur l’image et la création contemporaine. Pour la première session, Le Cube invite la Ligne de Recherche A.P.P.A (Arts Plastiques Praxis et Altérités) de l’Université Paris 1 Panthéon- Sorbonne. Le MARDI 8 MARS 2005 à 20 H 30, les artistes doctorants, docteurs , Hélène Singer, Mélanie Perrier, Indira Cruz et Sarah Roshem (Sr Labo) évoqueront "LE CORPS EN INTER-ACTION PROJECTIONS-CONFÉRENCE »
On rigole moins.

VU

On n’a pas ri (pas vraiment, le corps c’est sérieux (et c’est dommage d’ailleurs)) mais on a vu de nouvelles images. Le super 8 d'ISABELLE BLANCHE, par son choix de proximité physique, son mouvement, sa sensibilité au mouvement du corps filmant, son parti pris de filmer/monter la performance vocale et corporelle d’HELENE SINGER A coup(chement (2003, 3’35) nous a attiré. Le rapport du filmant au filmé, l'idée de découvrir à la projection ce qui a été tourné, sans montage, apporte à la performance du corps/voix une densité que seule la vidéo autorise.

Puis En corps à corps (2003) d’INDIRA CRUZ montrait une «installation vidéo interactive comportementale» où le spectateur, par le déplacement de son corps devant l’écran, pouvait faire apparaître ce que ces mouvements de voiles dans l’eau cachaient : des corps de femmes nues se caressant. Le contraste de ce que la technique permettait – vous faites jouer le film et il se joue de vous- pour une image et un mystère à la David Hamilton est étonnant. Recherche de forme avant tout, petits arguments, la tentation d’un jouet qui ne peut encore devenir un jeu. Mais ces recherches parlent de ce que la vidéo permet et c’est ce qu’il fallait voir.


Enfin, SARAH ROSHEM montrait deux courts métrages dont un Macro-portrait de Sammy (2003, 6’02). La miniaturisation invente une série de portraits anatomiques, où Sammy, portraituré empoigne une micro caméra et la frottant au plus près de son épiderme, orifices, nous montre en temps réel tout le goût du sujet de devenir objet. C’est assez dégueulasse et c’est d’une couleur et d’un jeu fascinant.

Longueur du temps, zoom presque chirurgicaux (dents, narines, yeux..), bruits et matières (salives, irrégularités de la peau, appuyés en échos de déglutitions, d’ingurgitations..) tout est fait pour appuyer cette survérité. ? Pourtant, la séduction vient plutôt du plus total artifice utilisé dans ce court métrage : roses sursaturées et ivoires maladifs, détails hors d’échelles jusqu’au visage du modèle albinos dont l’étrangeté dermique ajoute au malaise ou à la séduction.
Il semble s’inventer une forme neuve entre radio chirurgicale et mauvais goût coloré façon pop art, il ne manque à cela qu’un peu d’idée pour devenir une esthétique. « Portraits physiologiques » dit-elle, pourtant on n'apprend pas grand-chose sur le modèle ni sur son auteur, le portrait se résume-t-il à avoir un individu en face de soi ? Le temps de l’enregistrement ne crée pas une trace pour autant. Mais d’autres narrations sont possibles avec ces moyens.

Sous le nom de SR labo, on retrouve sur le site de SARAH ROSHEM d’autres créations hybrides comme « Articulations amicales » dont CREMONINI ne renierait pas le jeu. Mais la froideur objective de la physiologie donne une homogénéité à ces créations qui oublient toute réflexion sur la physiologie. L’énorme potentialité des moyens vidéos est encore touffue.

SU
Ce qui semble commun à ces films c’est leur rapport au temps réel, ils s’installent, leur temps est long, il n’est pas construit. Comme si montrer un montage, un parti de cadre, de lumière troublait un réel que l’on veut cru pour convaincre. Comme si dans son rapport au réel, au corps ici mais plus généralement à la création d’images, la vidéo craignait de se perdre. Ou de perdre pour ces jeunes vidéastes un statut d’auteur que le marché attend.

 

 

 

 

 

 

 


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